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Sega NAOMI

Plateforme d'arcade de Sega (1998), architecture Dreamcast avec plus de mémoire. Elle tourne en candy cab via le JVS (I/O série moderne), et se décline en cartouches, GD-ROM (via DIMM board) et netboot. Un point souvent mal compris : la batterie de la DIMM board — pas un « suicide » aussi brutal que la CPS-2.

GPU PowerVR2 NAOMI
GPU PowerVR2 (315-6201) de la Sega NAOMI. Photo : Yaca2671, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Identification

Champ Valeur
Fabricant Sega
Année 1998 (NAOMI 2 : 2000)
Base Dreamcast + RAM accrue (32/16/8 Mo main/graphique/son)
Média Cartouche ROM, GD-ROM (via DIMM), netboot (NetDIMM)
I/O JVS (JAMMA Video Standard, série)
Multiboard 3-4 cartes selon jeu

Architecture

Bloc Puce Fréquence Rôle
CPU Hitachi SH-4 ~200 MHz + FPU/unité vectorielle
GPU NEC/VideoLogic PowerVR2 (CLX2) ~100 MHz Tile-Based Deferred Rendering
Son ARM7 + Yamaha AICA 64 voies
RAM 32 Mo principale + 16 Mo VRAM + 8 Mo son 2× la Dreamcast (d'où des portages « supérieurs »)

NAOMI = New Arcade Operation Machine Idea. Architecture identique à la Dreamcast mais avec plus de RAM — d'où les conversions arcade↔salon quasi parfaites (souvent supérieures côté arcade). Region/langue réglées au BIOS.

Média & chargement

  • Cartouche ROM : le plus simple, pas de batterie critique.
  • GD-ROM : lecteur GD + DIMM board (RAM). Au boot, le jeu est copié du GD vers la DIMM.
  • Netboot (NetDIMM) : charge le jeu depuis un PC via le réseau → pas de GD ni de cartouche.

La batterie de la DIMM board ✅

Le manuel de service NAOMI GD-ROM de Sega (420-6620-02) décrit deux batteries distinctes.

Sur la DIMM board : un pack rechargeable, qui s'use. C'est lui qui fait varier le temps de chargement du jeu depuis le GD-ROM :

« Readout time varies depending on the charge of the DIMM board battery pack. It may be as long as several minutes when the power is connected for the first time or reconnected after a long-term power disconnection. »

  • ⚠️ Ce n'est pas une pile, c'est un accumulateur : « After discharging/recharging of about 500 times, the maximum charge may be only 70 to 80 % of the initial charge ». Sega en tire une durée de vie d'environ 16 mois pour une borne allumée et éteinte chaque jour.
  • Symptôme donné par le manuel : un chargement plus long qu'avant. ⓘ Il ne parle ni de perte du jeu ni de carte bloquée.
  • Pièce : BATTERY PACK CGR-B/241A, référence Sega 401-0076. ⚠️ Le manuel interdit de le recharger avec un chargeur externe (« any battery charger is not usable for this battery pack »), de le souder, ou de l'enfermer sans aération.

Sur la carte mère NAOMI : une pile bouton CR2032 (Sega 401-0054), sous la carte ROM/DIMM. ⚠️ Le manuel précise : « Except for special cases such as using up the battery, etc., do not perform this work. »

ⓘ Ce que le manuel ne dit pas : cette page affirmait que la batterie de la DIMM conserve aussi « la clé » du jeu. Le manuel fait de la clé une puce amovible (key chip) insérée dans le boîtier DIMM, sans lien écrit avec la batterie ; l'affirmation est retirée.

Netboot (NetDIMM) — pas-à-pas

Le netboot est la voie de préservation NAOMI : on envoie l'image du jeu depuis un PC dans la RAM de la DIMM board, par Ethernet — plus de GD ni de cartouche. Principe et étapes :

  1. Matériel requis : une DIMM board réseau (NetDIMM) (toutes ne le sont pas — vérifier la présence du port Ethernet), la NAOMI, un I/O JVS, et le PIC de sécurité approprié (clé par jeu ; des setups communautaires contournent ce point).
  2. Firmware DIMM : la DIMM doit avoir un firmware compatible netboot (le flasher si besoin, une fois).
  3. Réseau : relier PC ↔ NetDIMM en Ethernet (câble croisé ou switch). Régler les IP dans le menu système NAOMI (la DIMM affiche « Network booting… » / attend le transfert).
  4. Transfert : sur le PC, un outil d'envoi (scripts communautaires type triforcetools.py / naomi.py, ou l'envoi via des émulateurs qui parlent au NetDIMM) pousse l'image du jeu vers la RAM de la DIMM.
  5. Lancement : une fois le transfert fini, la NAOMI boote le jeu depuis la RAM. Grâce à la batterie de la DIMM, le jeu reste chargé entre les allumages — pas besoin de re-transférer à chaque fois.

Pourquoi c'est la meilleure voie

Le netboot supprime le lecteur GD (le point d'usure) et ne dépend pas d'une cartouche rare. Combiné à une batterie DIMM neuve, c'est un setup fiable et silencieux. → Voir aussi ODE (GDEMU/MODE, netboot). (On décrit la méthode ; pas d'hébergement de ROMs.)

JVS (I/O)

La NAOMI utilise le JVS : I/O série qui remplace le câblage JAMMA parallèle (manettes, boutons, pièces via un I/O board JVS). ⓘ Côté carte, le manuel Sega relie la carte d'I/O au connecteur CN5 par un câble USB (type A) — voir les connecteurs. C'est le standard des bornes Sega modernes ; il se pilote/émule (voir projets type adaptateurs JVS).

Connecteurs de la carte filtre ✅

D'après le manuel de service, chapitre 2-2 :

Repère Rôle
CN1 alimentation, JST VL 8 broches : 2 = +3,3 V, 3 = +5 V, 4 = +12 V, 5-8 = masse
CN2 alimentation, JST VL 6 broches : 2 = +3,3 V, 3 = +5 V, 4-6 = masse
CN3 vidéo, mini D-sub 15 broches
CN4 audio stéréo, RCA (rouge = droite, blanc = gauche)
CN5 STANDARD I/O — USB type A, « connected to I/O BD via USB cable »
TORX194 / TOTX195 fibre optique, liaison entre plusieurs NAOMI
PSW1 / PSW2 boutons TEST et SERVICE

ⓘ Une borne JVS est requise : pour une borne JAMMA, le manuel prévoit de « prepare the modification parts (power supply, I/O board, audio amplifier, etc.) ».

⚠️ Envoyer une carte en réparation : ne pas retirer la key chip

Le manuel demande d'expédier ensemble le boîtier NAOMI, le boîtier DIMM — « Do not remove the key chip but leave it attached » — et le lecteur GD-ROM sans son disque, dans leur carton d'origine, avec un rapport des symptômes et le nom du jeu.

Bornes

  • Naomi Universal Cabinet (borne dédiée).
  • En candy cab (Astro City & co.) via un I/O board JVS + alimentation adaptée.

NAOMI 2 (2000)

Évolution haut de gamme de la NAOMI pour la 3D lourde : elle ajoute un second SH-4 dédié à la géométrie et deux moteurs graphiques PowerVR2 (+ un ELAN pour la transformation/éclairage), soit une puissance polygonale bien supérieure — tout en restant compatible avec le format cartouche/GD-ROM et l'I/O JVS de la NAOMI.

  • Jeux : Virtua Fighter 4 (+ Evolution/Final Tuned), Club Kart, Wild Riders, Virtua Striker 3, Beach Spikers, Soul Surfer…
  • Préservation : mêmes voies que la NAOMI (GD-ROM imagé, netboot, batterie DIMM), gérée par Flycast/Demul côté émulation.
  • À ne pas confondre avec la Hikaru (autre haut de gamme 3D contemporain, hardware différent).

Pannes fréquentes

Symptôme Cause probable Piste
Chargement plus long qu'avant pack batterie DIMM en fin de vie (~500 cycles) le remplacer — détail
Un message ERROR ou CAUTION au démarrage voir le tableau du constructeur → Messages d'erreur
Pas d'image / plantage Alim, caps, contacts Diagnostic base
I/O ne répond pas I/O board JVS / câblage Vérifier JVS, alim I/O ; JVS TEST du menu système

Messages d'erreur du système ✅

Le manuel de service liste les messages affichés à l'allumage et en sortie de mode test — le jeu ne démarre pas tant qu'ils sont là :

Message Cause donnée par le manuel Remède
ERROR 01 — game not acceptable by main board carte ROM ou DIMM mal connectée ; logiciel NAOMI 2 sur carte NAOMI rebrancher ; un jeu NAOMI 2 exige une carte mère NAOMI 2
ERROR 02 jeu d'une version pays incompatible avec la carte mère jeu de la bonne région ; ⚠️ non modifiable en mode test
ERROR 03 — board malfunctioning numéro de série de la carte mère illisible envoyer en réparation, DIMM montée
ERROR 04 numéro de série de la DIMM board illisible envoyer la carte NAOMI avec la DIMM
ERROR 21 données chargées du GD-ROM vers la DIMM corrompues ; ou disque NAOMI 2 sur carte NAOMI vérifier le câble GD, l'état du disque
ERROR 22 la carte mère ne reçoit aucune réponse de la DIMM rebrancher DIMM et carte d'interface GD ; sinon les remplacer
ERROR 23 capot du lecteur GD ouvert le refermer
ERROR 24 disque GD non reconnu le réinsérer ; vérifier rayures et saleté
ERROR 25 lecteur GD inaccessible ; ou capot ouvert rebrancher câble GD et alimentation du lecteur ; sinon le remplacer
ERROR 26 — option board malfunctioning key chip non reconnue la bonne puce pour ce disque, bien insérée
ERROR 27 — DIMM memory is not enough mémoire DIMM insuffisante ou mal insérée ajouter la mémoire requise ; la réinsérer
CAUTION 51 CABINET TYPE inadapté au jeu le corriger dans SYSTEM ASSIGNMENTS
CAUTION 52 jeu 15 kHz seulement sorti en 31 kHz moniteur en 15 kHz et DIP 1 de la carte filtre sur ON
CAUTION 53 jeu 31 kHz seulement sorti en 15 kHz moniteur en 31 kHz et DIP 1 sur OFF

⚠️ Le manuel ajoute : « If an error message appears, immediately disconnect the power to the cabinet. »

ⓘ Le DIP 1 de la carte filtre : OFF = 31 kHz, ON = 15 kHz

Fréquences annoncées : 15,85 kHz / 31,69 kHz. DIP 2 et 3 sur OFF « unless otherwise specified ». ⚠️ À la livraison, le réglage dépend du jeu vendu avec la carte : le manuel demande de le vérifier avant installation.

Mods & préservation

  • Netboot (NetDIMM) : la solution moderne — plus de GD ni de batterie critique ; charge depuis un PC. → ODE (GDEMU/MODE, netboot)
  • Émulation de GD-ROM / stockage SD (selon solutions).
  • Remplacement de la batterie DIMM par un support.
  • Émulation : Flycast / Demul (lignée Dreamcast) + MAME. Pas de core FPGA/MiSTer (SH-4 + PowerVR2 = hors budget).

Manuel (archivé)

Modernisation & mods

Le socle commun à toutes les cartes JAMMA

Vidéo, alimentation, panneau de contrôle et upscalers ne dépendent pas de la carte mais du meuble : tout est centralisé dans Moderniser une borne. Pour faire tourner la carte hors d'une borne (chez soi, sur un écran) : supergun.

  • Pile 🟢 : pile de sauvegarde présente (réglages/compteurs/RTC). ⚠️ Sur cette plateforme, une pile morte ne tue PAS le jeu — c'est une fuite de pile qui corrode les pistes. La contrôler et la remplacer avant qu'elle ne coule → piles de sauvegarde.
  • Stockage optique 🟡 : le lecteur est la pièce d'usure n°1. Voies modernes : ODE, netboot ou remplacement par mémoire flash selon la plateforme → hub préservation PCB.
  • Fréquence de balayage 📺 : ~32,83 kHz / 61,7 Hz — haute résolution (classe VGA), ⚠️ il faut un moniteur 31 kHz / tri-sync ; un châssis 15 kHz est incompatible → tri-sync et upscalers. (Calculé depuis les sources MAME — sega/naomi.cpp — horloge pixel ÷ htotal.)
  • FPGA / émulation : voir la section Émulation & FPGA ci-dessous.

Réparation (technicien)

  • DIMM board (GD-ROM / NetDIMM) : un pack rechargeable usé allonge le chargement depuis le GD-ROM — détail et référence de pièce. ⓘ Le manuel Sega ne parle pas de pile sur les cartouches : ce point reste à sourcer (piles de sauvegarde).
  • Key chip (GD-ROM) : non reconnue, elle donne l'ERROR 26 — la bonne puce, bien insérée, avant d'incriminer la carte mère.
  • GD-ROM : lecteur/laser = point faible → mods ODE (GDEMU).
  • Son : ARM7 + AICA — diag étage son. Condensateurs : recap.

→ Méthodes : Diagnostic PCB · Recap · Piles de sauvegarde · Pistes & vias

Réglages DIP ✅

2 jeux de cette plateforme, réglages extraits des sources MAME (blocs INPUT_PORTS_START). La colonne Position donne le repère physique de l'interrupteur sur la carte (SW2:!3,!4 = bloc SW2, leviers 3 et 4) — c'est ce qui permet de régler sans le manuel papier. Les jeux sont classés par nom de set MAME.

Réglages DIP — jeu MAME alpilota
Réglage Position Options (défaut en gras)
Monitor SW1:1 31 kHz · 15 kHz
Réglages DIP — jeu MAME naomi_mie
Réglage Position Options (défaut en gras)
Monitor SW1:1 31 kHz · 15 kHz

À vérifier sur ta carte

Ces réglages valent pour le jeu et la révision décrits par MAME. Un même titre peut avoir plusieurs jeux de DIP selon la région ou la révision, et certains systèmes utilisent des soft-dips (réglages en mémoire, via le menu de test) plutôt que des interrupteurs physiques. En cas d'écart, la sérigraphie de la carte et le menu de test font foi.

Voir aussi : référence DIP · manuels de jeu

Procédure — carte muette, dans l'ordre ✅

Ce que cette procédure ajoute

La méthode générale est sur Diagnostic PCB. Celle-ci en est l'application à cette plateforme : le même ordre, mais avec les valeurs réellement attendues ici, pour éviter l'aller-retour.

Outillage : multimètre, oscilloscope (ou fréquencemètre), alimentation de labo limitée en courant, tresse à dessouder. → Outillage

Si la carte est encore dans une borne

Un CRT reste chargé machine débranchée. → Sécurité CRT

1. Inspection, hors tension. Corrosion, pistes coupées, pattes d'EPROM oxydées, condensateurs CMS qui fuient, réparations antérieures douteuses.

2. Le connecteur, avant tout le reste. Une bonne part des « cartes mortes » est un problème de contact, pas une panne. Nettoyer les contacts à l'alcool isopropylique et ré-enficher — pas à la gomme abrasive sur un bord doré, elle enlève la dorure et le problème revient en pire. Ça coûte deux minutes et ça tranche.

3. Alimentation, mesurée sur la carte. Viser +5,0 V mesurés au plus près de l'arrivée d'alimentation de la carte — pas à la sortie de l'alim : la chute est dans le faisceau, et c'est précisément ce qui fait qu'une carte démarre sur l'établi et pas dans la borne. Le point de mesure dépend du connecteur de cette carte — bord JAMMA, faisceau JVS ou câblage propriétaire — beaucoup de constructeurs en ont gardé un bien après l'arrivée du JAMMA — voir Identification plus haut. → Câblage Vérifier aussi le −5 V et le +12 V si l'étage son les utilise. Court-circuit suspecté : monter en courant limité et chercher le point chaud.

4. /RESET. Doit se libérer après l'allumage. Maintenue basse = le CPU ne démarre jamais. Une boucle à 1–2 Hz n'est pas le circuit de reset, c'est le watchdog : le CPU plante au boot — regarder le bus, pas le reset.

5. Horloges. Pas de table de mesure pour cette plateforme — les sources MAME n'en donnent pas d'extraction exploitable. Les fréquences éventuellement citées sous Architecture sur cette page servent de repère ; sinon, comparer à une carte qui marche plutôt qu'à un chiffre : une valeur inventée fait condamner des pièces saines. → Diagnostic PCB

6. Bus. L'activité sur les lignes d'adresse du CPU principal dit s'il tourne ou s'il est figé. Figé avec horloges bonnes et reset bon → RAM de travail, buffers de bus, ROMs.

7. Elle démarre mais l'image ou le son est faux — c'est un autre travail : voir Pannes fréquentes sur cette page, puis le signal tracing.

Photos / assets

(À ajouter : carte NAOMI, DIMM board + batterie, cartouche ROM, lecteur GD, I/O JVS.)

Documentation constructeur archivée ✅

Documentation constructeur archivée localement. ⓘ Le document NAOMI GD-ROM est un manuel de service (Service Manual, 420-6620-02, 1st printing June 01) : connecteurs, batteries, messages d'erreur, mode test. ⚠️ Il ne contient pas de schémas.

  • NAOMI GD-ROM System Service Manual — PDF

Statut

Documents constructeur sans licence explicite, conservés à titre de préservation (machines hors production depuis des décennies).

Sources & attribution

Image :

Relecture & corrections

À quoi sert cet espace

Une valeur fausse, une procédure dépassée, une référence de puce qui ne colle pas à ta carte ? Signale-le ici, avec ce que tu as constaté (modèle, révision de carte, numéro de série, mesure). Chaque signalement est recoupé avec une source avant toute modification — une correction invérifiable est publiée en tant que « signalé par …, non recoupé » plutôt qu'appliquée en silence.

La lecture est ouverte à tous ; écrire demande une connexion Discord. Les signalements des relecteurs déclarés du wiki sont traités en priorité ; les autres sont lus aussi, mais passent par un humain avant toute modification.